Marion Esquerré & Juliette Pavy | Prendre de la hauteur

Après le premier confinement, et avant d’aborder une rentrée qui s’annonçait compliquée, nous avons souhaité nous extraire de notre quotidien parfois un peu pesant et de nos habitudes professionnelles de photographes de presse. Nous avons imaginé des scènes de la vie courante à plus d’un mètre du sol, en haut d’un banal escabeau, transplantées dans des espaces incongrus, souvent peu propices à la rêverie : prendre un bain de soleil sur le parking d’une zone commerciale ; se retrouver dans un terrain vague pour préparer les fêtes de fin d’année ; faire son ménage en s’imaginant les pieds dans l’eau fraîche du Loir… Cette série « Prendre de la hauteur » s’est construite dans la spontanéité, avec l’envie de lâcher prise, parfois de moquer les injonctions et toujours de s’amuser, comme un antidote à la morosité ambiante.

BIO | Juliette Pavy – Passée par l’Ecole des Métiers de l’Information (EMI-CFD) section photojournalisme, Juliette Pavy travaille régulièrement avec la presse, tout en développant une approche documentaire de la photographie sur des thématiques environnementales et sociétales – la mémoire des îles bretonnes, la Marne au fil de l’eau, les modes de vie alternatifs. Diffusée chez Divergence Images, elle est cofondatrice du collectif Hors Format.

BIO | Marion Esquerré – Journaliste de presse écrite pendant vingt ans, elle a suivi la formation en photojournalisme de l’EMI-CFD en 2020 et, depuis, collabore avec de nombreux médias. Elle mène actuellement deux projets documentaires : sur les effets du dérèglement climatique dans les forêts ardennaises, et sur le « déracinement » de familles de gens du voyage à Montreuil. Elle est membre du collectif Les Incorrigibles.

Marion-Esquerre-Juliette-Pavy

ÊTRE FEMME PHOTOGRAPHE

Marion Esquerré : « Pour vivre du photojournalisme, les femmes ont à franchir plus d’obstacles que les hommes. Entrent en compte aussi le capital social et économique, les conditions d’existence, le fait d’être ou non parent… Nous ne sommes pas à égalité face à nos ambitions. J’observe néanmoins un besoin et une envie de solidarité chez les professionnelles qui, progressivement, transforment le milieu de la photo. »

Juliette Pavy : « Un festival dédié aux femmes photographes permet de nous donner de la visibilité dans un milieu où les femmes sont sous-représentées. Il est important d’avoir une diversité de photographes à la fois en termes de genre, mais également d’origines sociales ou ethniques au risque de se priver d’une partie de l’histoire. »

Juliette Pavy & Marion EsquerréMarion Esquerré & Juliette Pavy