Olympia de Maismont | Les mains du cuir (Nigeria)
À Kano, grande ville du nord du Nigeria, les artisans du cuir perpétuent, durant toutes les étapes manuelles de sa transformation, un savoir-faire ancien transmis de génération en génération. À travers une approche sensible et immersive, la série, réalisée en septembre 2025, met en lumière les gestes précis du travail de cette matière naturelle. Les corps à l’œuvre et les espaces où les peaux de chèvre, de mouton, de serpent sont tannées témoignent de techniques alliant tradition et modernité. Le cuir obtenu est ensuite exporté et se retrouve dans les chaînes de production européennes, où seule la fin du processus reste à réaliser. Ainsi, les articles seront estampillés de labels étrangers – « Made in France », « Made in Italy » –, sans aucune indication de l’origine du produit brut. Pourtant les filières du cuir, du luxe et de la mode dépendent du Nigeria qui exporte 90 % de ses peaux.
In Kano, northern Nigeria, leather artisans preserve an ancestral craft, with each manual step revealing a deep connection to the material. This series highlights both the skill and the paradox of a global industry in which Nigerian leather—exported in large quantities—loses its origin as it is transformed and labeled abroad.
BIO | Olympia de Maismont vit en Afrique de l’Ouest depuis une douzaine d’années. Elle a passé une décennie au Burkina Faso à photographier des scènes ordinaires comme des situations de crises politiques ou sécuritaires. Aujourd’hui basée à Lagos, en tant que photojournaliste et coordinatrice pour l’AFP au Nigeria et dans les pays proches (Bénin, Togo, Ghana), elle poursuit ses reportages de terrain. Son leitmotiv : montrer l’Afrique telle qu’elle la connaît. Elle donne à voir, avec une approche résolument humaine, ses sociétés diverses et contrastées, riches de leurs contradictions, au-delà des clichés et des projections extérieures.

ÊTRE FEMME PHOTOGRAPHE
« Pour moi, être femme photographe n’a été un obstacle ni dans mon travail ni pour ma carrière. C’est au contraire un atout, qui me permet d’accéder à des espaces où les hommes ne vont pas, et d’y porter un regard différent. Cette position influence mon écriture et les sujets que je choisis. »
