Louisa Ben | Si dios quiere* (Colombie)
* Si Dieu le veut
BOURSE DE CRÉATION ÉMERGENTE
soutenue par le FONDS DE DOTATION POROSUS, le FONDS RÉGNIER POUR LA CRÉATION et LES FEMMES S’EXPOSENT
À Buenaventura, la vie s’organise autour du port, le plus grand de la côte pacifique colombienne. Ici transite une part importante de la cocaïne destinée à l’Europe et aux États-Unis. La ville est contrôlée par deux principaux groupes armés qui menacent et assassinent arbitrairement une population, majoritairement afro-colombienne, déjà déplacée par le conflit armé. Face à ces violences, les habitant·e·s du quartier La Playita ont créé un espace de paix et obtenu de l’État une protection policière et militaire permanente. Alors que la prochaine élection présidentielle en mai prochain pourrait déséquilibrer cette enclave, Louisa Ben est partie à la rencontre d’adolescent·e·s et de jeunes adultes qui y grandissent. Cette jeunesse marquée par des décennies de conflits internes incarne l’espoir d’une paix durable dans un territoire où l’équilibre reste fragile.
Sujet réalisé avec l’appui de Yonatan Diaz, fixeur.
Louisa Ben set out to document the lives of young people growing up in the La Playita neighbourhood of Buenaventura (Columbia). In this cocaine transit town, they created a fragile space of peace under permanent police and military protection.
BIO | Louisa Ben est une photographe franco-marocaine basée à Paris. Elle développe dans ses documentaires au long cours – menés en France, au Maroc ou en Colombie – une réflexion autour de la mémoire géographique, de la construction de l’identité et interroge le rapport des individus à leur environnement. Accordant une place centrale aux portraits, elle s’attache depuis plusieurs années à mettre en images les trajectoires intimes des adolescent.es et jeunes adultes qu’elle rencontre. Elle collabore également avec la presse quotidienne et magazine (« M, le magazine du Monde », « El País »…) et participe à des expositions en France et à l’international.

ÊTRE FEMME PHOTOGRAPHE
« Pour accéder à l’intime, être femme est parfois un atout mais, souvent, il faut prouver, plus qu’un homme, sa légitimité. Un jour, une attachée de presse m’a lancé une remarque qu’on ne ferait jamais à un collègue masculin : « Ça ne se voit pas au premier abord, mais vous avez du caractère. » Le chemin reste long ! Toute la société doit évoluer. »
